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Le Bon, la brute et le cinglé

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les avis de Cinemasie

8 critiques: 2.41/5

vos avis

45 critiques: 3.48/5



MLF 0.75
Ghost Dog 1.75 A des années lumière de la classe de LEONE...
Aurélien 2.5 Sans saveur...
drélium 2 Aaaah, si les Coréens savaient mettre en scène l'action...
Ordell Robbie 2 Influences cinéphiles cuisinées à la sauce MTV. Finit par être indigeste.
Arno Ching-wan 3.25 Tu vois KIM Ji-Wun, les films se divisent en deux catégories…
Xavier Chanoine 3 Le bond, la butte et le fossé : un tour de force non sans dégâts
Elise 4 Kim Ji-Wun s'en sort très bien et l'attente aura été nettement méritée
classer par notes | date | rédacteur    longueurs: toutes longueurs moyen et long seulement long seulement


Tu vois KIM Ji-Wun, les films se divisent en deux catégories…

... ceux avec des flingues, et ceux où qu’c’est qu’ça cause. Le tien, ça flingue. Donc ça va.

On en causait pas plus tard qu’y a pas longtemps des poursuites dans le ciné asiat’ ! On en a une belle là ! Side-car, motos, chevaux, jeeps, mitrailleuses… Le clou du pestacle ! Car c’en est un, un blockbuster décérébré allant à 200 à l’heure, qui paye certes son tribut à Leone mais nous en fout surtout plein les mirettes pendant deux bonnes heures.

Pas exempt de défauts, le film accomplit son office grâce à son pétaradant dynamisme, sa bonne humeur, ses scènes d’action généreuses et un SONG Kang-Ho en mode cabotinage ultra-jouissif. Il peut se le permettre avec ses talents et son charisme poussant tous les autres de côté. Dééégagez l’passage ! LEE Byeong-Heon et JEONG Wu-Seong n’ont pas trop le choix des armes : leurs personnages sont si peu écrits qu’ils ont du mal à meubler avec juste quelques mimiques par-ci par-là, ce qui nous renvoie un peu à la trilogie Pirates des Caraïbes avec Orlando Bloom et Keira Knightley, alors tout autant mis sur le bas côté par l'expansif Johnnie Sparrow. A l’arrivée, le clone de Clint, « white teeth », est ridiculisé, et celui de Lee Van Cleef, « Tokyo Hotel », atomisé, avec un deubeule « beau gosse attitude » à un cheveu de la mèche rebelle déplacée. Imaginons un instant Eli Wallach en première tête d’affiche du Leone, piquant ainsi la vedette au grand Clint ! L’hallu totale, y’a que les coréens pour nous pondre des idées pareilles ! Encore que non, Sammo Hung nous avait déjà fait le coup avec l’assez proche Shanghai Express. Pourquoi proche ? Euh… C’est aussi très con, le héros aussi y est gros et c’est aussi un western asiat’. Voilà. Ca paye autant : "The good, the bad and the weird" fout la banane malgré son principal défaut : un scénar à la Guy Ritchie - un seul pour trois films déjà le mec - avec quelques gratuités dans le dialogue et autres cruautés des situations plaçant parfois la chose dans ce même registre sous-tarantinesque périmé.

KIM Ji-Wun
(ou Kim Jee-won, ou encore Kimgiouane...) s’en sort très bien visuellement mais la dimension dramatique est par trop superficielle et maladroite pour nous impliquer suffisamment quand ça charcle. Question tensions : peau de balle. Classique : on rigole quand ça ventile et dès que ça s’arrête y’a plus rien et on attend la reprise. On appelle ça du cinéma potache. Attention : c’est du bon potache. Donc non, il n’y a pas de couille dans le potache...

21 décembre 2008
par Arno Ching-wan




Le bond, la butte et le fossé : un tour de force non sans dégâts

Auteur à l'importance toute légitime dans le paysage cinématographique coréen (mondial?), Kim Ji-Wun s'attaque après la comédie, l'épouvante et le polar, au western spaghetti déjanté matiné d'une belle ironie. Si le western italien est le versant Tex Avery de son cousin américain, le western coréen moderne apporte cette fois-ci une toute autre dimension, plus lointaine que celle d'un Leone baignée de lyrisme ou que celle d'un Corbucci et son nihilisme légendaire, en citant les plus connus. Ici le ton est volontairement à la parodie du western italien qui elle à l'origine jouait déjà avec les codes du genre, les personnages sont ici tellement grossis qu'ils mettent à l'amende tout ce que l'on a pu voir auparavant, mais le fait de jouer constamment avec les conventions du film de genre western hisse le cinéaste au rang de faiseur de grand divertissement populaire virtuose au détriment de l'émotion ou de la touche qui ferait la différence. La seule comparaison possible entre ce western-ci et un autre, tout cliché mis à part, c'est bien l'ampleur des moyens mis en oeuvre pour aboutir à un film dépassant tout ce que l'on peut imaginer dans le genre. Et rayon Asie, Le Bon la brute et le cinglé éclipse gentiment n'importe quel blockbuster réalisé jusque là. Il débute d'ailleurs en fanfare avec une attaque d'un train par trois types tous intéressés par la même chose, une mystérieuse carte qui indiquerait un trésor enfouit profondément quelque part, tel est l'indice de Man-Gil, proche de Te-Goo, le cinglé. D'ailleurs tant qu'on y est, Song Kang-Ho aurait très bien pu endosser le rôle de la brute puisqu'il représente l'archétype même du type un peu benêt, fatigué des longues phrases, mais vrai chef d'orchestre lorsqu'il faut faire parler la poudre; et à Lee Byung-Hun (la vraie brute) d'être le cinglé de part son comportement dangereux, étudié et psychopathe, bien aidé par une frange lui masquant l'oeil droit à la manière des personnages dark sortis tout droit d'un manga tendance.

Jung Woo-Sung est sans doute l'unique déception côté casting, ce dernier ne faisant jamais autre chose qu'imiter la figure du cow-boy solitaire sans apporter un quelconque "parfum" oriental apportant le décalage si cher au personnage de Song Kang-Ho, Lee Byung-Hung ou tant d'autres encore dans un film enchaînant les gueules avec un certain culot. Même les tentatrices à l'opium font office d'attraction spectaculaire, les officiers mandchous ou japonais puent la caricature et s'amusent avec le spectateur à enchaîner les vannes et les coups ratés. Song Kang-Ho joue comme un grand enfant qui s'amuserait avec un pistolet en plastique et donne du plaisir au spectateur, il est le Tuco de part son physique et son attitude naïve mais ne cherche pas à faire de l'ombre au personnage d'Eli Walach malgré un profil à peu près identique, celui de simple voleur de poulets les yeux brillants face à une carte au trésor. L'ensemble des personnages affichent un désire de quête de l'inaccessible, d'un fantasme, et c'est bien cela qui les conduira à leur perte, dans un tourbillon de vengeance/revanche presque sadique. On reconnait donc dans Le Bon la brute et le cinglé une volonté affichée de débrider encore plus le genre, codifié à outrance, quitte à étaler un humour sur toute la longueur et mettre à profit les "gueules" dans des situations tordantes menées tambour battant. On reconnait aussi la virtuosité du cinéaste à tenir le film sur la longueur par un enchaînement quasi ininterrompu de scènes spectaculaires contenant chacune de vraies idées de cinéma, le montage apporte aussi une vraie fluidité à la narration et permet au film de garder un véritable souffle malgré des transitions "calmes", comme cette discussion au coin du feux entre le bon et le cinglé pour savoir ce qu'ils feront avec leur butin bientôt découvert. Malgré tout le panache et l'impressionnante tenue formelle d'ensemble, le film ne semble jamais outrepasser la simple parodie du genre ni même la pure citation pour les scènes dites marquantes (la présentation des personnages, la valeur de la prime, le coup de feux faisant virevolter un bonnet, le trio final...) qui fait office de simple signature impersonnelle incrustée plus ou moins maladroitement au scénario original. Les citations sont de trop et ne restent qu'un simple hommage pour l'hommage. Dommage.

De plus, sans doute que le trop-plein d'humour trahit les limites du genre, comme si le film de Kim Ji-Wun était en quelque sorte la parodie d'une caricature d'un genre. Difficile à suivre? Non, il suffit de passer la première demi-heure pour se rendre compte que ce spectacle de tous les instants, au-delà même de sa violence, cache en fait une bonne couche de comédie et ridiculise ses personnages jusque dans les costumes (la fameuse brute à la masse, le faux responsable d'une maison d'opium...). Le fait aussi que chaque gag soit traité avec un regard sérieux (comme la scène des deux sbires assassinés avec un pieu dans l'anus sous les commentaires outrés de deux témoins) finit par alourdir le récit, le spectateur subissant cette tendance depuis 90 minutes déjà et l'encaissera encore pendant 30 autres. Frustrant tellement le spectacle est très souvent exceptionnel, accrocheur et vivant. Ne parlons même pas de l'absence totale d'émotion et du trio final à des années lumières de la perfection absolue du final du Bon la brute et le truand, grosse inspiration dans les grandes lignes sans être un calque à part entière. Des comparaisons pourront être intéressantes tant certaines séquences semblent être exécutées dans la mise en scène comme celles du film de Leone (la découverte de l'endroit où se cache le butin par le cinglé  rappelle étrangement celle de Tuco dans le cimetière). Kim Ji-Wun ainsi que l'ensemble de l'équipe du film confirment encore l'étendue de leur talent mais risquent de faire des déçus tant Le Bon la brute et le cinglé ne reste qu'au stade de tour de force visuel et de vraie référence dans le domaine du divertissement populaire, sans pour autant décoller ou surprendre réellement le spectateur habitué du genre. Ce n’est déjà pas mal.



18 décembre 2008
par Xavier Chanoine




Kim Ji-Wun s'en sort très bien et l'attente aura été nettement méritée

Après un Bittersweet Life très convaincant, Kim Ji-Wun était évidemment attendu au tournant, surtout en s'attaquant au mythe du western qu'est Le Bon, la brute et le truand. Et finalement, il s'en sort vraiment bien. L'histoire n'a rien de bien particulier. Un mercenaire (le cinglé) et un chasseur de primes (le bon) sont engagés chacun de leur coté pour récupérer une carte menant à un certain trésor. Alors qu'ils s'apprètent à la récupérer dans un train, un bandit (la brute) s'en charge sans vraiment savoir ce que c'est. Les deux autres vont alors se mettre à sa poursuite au travers de la mandchourie des années 20, en proie à des conflits entre les bandes mandchous et l'armée japonaise.

Visuellement, c'est une claque. Le désert ressemble au farwest de Leone, avec la poussière couvrant la pellicule et les grandes pleines vides et brulantes. Les scènes d'actions sont magniquement tournées. Pas d'erreur de raccord notable, tout s'enchaîne sans accroc et on est complètement tétanisé devant la grande scène épique dans le désert qui va à cent à l'heure. Chaque acteur joue son rôle correctement ; même si l'on peut encore reprocher le fait que Jeong Wu-Seong joue toujours un peu le même genre de rôle (le mec cool qui parle pas beaucoup), on peut dire qu'il est passé maître dans ce domaine. Bref, un très bon film d'action qui ne manquera pas d'en divertir plus d'un, même si la profondeur reste encore à creuser. En outre, les amateurs du western de Leone seront content de voir de nombreux clins d'oeil à la source d'inspiration.

27 août 2008
par Elise


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